Quartier de Bo-Kaap

Surplombant la vieille ville du Cap, le quartier de Bo-Kaap est, pour ses rues piétonnes, ses mosquées et ses maisons aux tons pastel, un but de promenade populaire. Le point.

Venir à Bo-Kaap est un privilège pour qui aiment les bâtiments d’époque à l’architecture cossue et colorée. Cet ancien canton de la colonie du Cap a la particularité d’héberger des immigrants malais, assujettis comme esclaves par les colons néerlandais et britanniques, avant de devenir une communauté prospère d’artisans avec une expression culturelle propre. Quelle paraît loin, l’époque où les Européens débarquaient au Cap pour s’enrichir du commerce des plantations, où les esclaves ployaient sous la corvée, et où les travailleurs non blancs résidaient à part dans une zone distincte de celle des Afrikaners ! En parcourant les vieilles rues de Bo-Kaap, en portant le regard sur ses maisons multicolores, en visitant son petit musée, on réalise que le quartier abrite le fleuron du patrimoine architectural du Cap. Prenez la route de Bo-Kaap et retrouvez ce que vous attendez d’une expérience authentique à Cape Town, la cité mère d’Afrique du Sud.

Histoire

Le canton a vu le jour en 1760. Le nom de Bo-Kaap, dont le sens en français peut être rendu par « au-dessus du Cap », renvoie à sa situation à flanc de montagne. Établi sur les pentes de Signal Hill, il domine fièrement le City Bowl, le cœur historique de la ville du Cap. C’est un fermier néerlandais du nom de Jan de Waal qui a fondé le quartier.

Jan de Waal acquit une parcelle de terrain au pied de la colline, puis en acheta d’autres près de Rose Street et de Shortmarket Street. La mise en valeur des terrains n’a pas été une mince affaire. Les pasteurs indigènes Hottentots ont refusé de travailler sur la métairie. Du coup, l’importation d’esclaves en provenance du reste de l’Afrique et de l’Asie du Sud-Est a été une nécessité urgente afin de remédier au manque de bras. Les Malais étaient le groupe ethnique dominant, au côté des Sri-lankais, des Indiens, des Indonésiens et des Malgaches. D’où le surnom de « quartier malais », que les habitants collent parfois à Bo-Kaap, qui se vante d’être le plus vieux quartier résidentiel aux environs de Cape Town.

Les coloris pastel sur la façade des habitations datent du xixe siècle. À l’origine, les huurhuisjes (maisons louées aux esclaves) étaient peintes traditionnellement en blanc, conformément à une règle instituée par les Britanniques. À partir de 1834, les esclaves affranchis se virent accorder le droit d’accéder à la propriété. Ils ont décidé de casser le blanc en adoptant des couleurs vives, signe d’enthousiasme et d’énergie.

Aujourd’hui

Coquette, pittoresque et colorée, l’architecture de Bo-Kaap est un régal visuel pour les touristes de passage à Cape Town. Le ministère des Arts et de la Culture a pris soin de restaurer les bâtiments et d’entretenir les voies piétonnières. Sans surprise, le quartier de Bo-Kaap n’est pas épargné par la gentrification. La raison de ce phénomène est double : au lendemain de l’abolition de l’apartheid en 1990, les propriétés résidentielles ont fait l’objet de mille convoitises. Les cadres fortunés ont montré un engouement pour ses maisons aux couleurs vives, ses rues pavées, sans parler de sa situation en hauteur qui jouit d’une vue panoramique sur la Métropole. De l’autre côté, la location de murs commerciaux est devenue une tendance lourde chez les investisseurs étrangers en raison du bas coût de ces logements et de la proximité avec la zone économique de City Bowl. Il n’empêche que le quartier de Bo-Kaap est une zone d’intérêt patrimonial majeur en Afrique du Sud. Dix-neuf sites du quartier sont admis au rang des monuments nationaux.

À voir et à visiter à Bo Caap

Une petite promenade s’impose pour jeter un coup d’œil à l’architecture vernaculaire. De Wale Street à Chiappini Street, en passant par la rue Rose, l’alignement des maisons aux couleurs vives offre un spectacle fantastique. Quelques-unes revendiquent purement le style Cape Dutch, mais la plupart d’entre elles marient les influences géorgiennes, victoriennes et néerlandaises. La façade est rehaussée par des portes à panneaux, des corniches et des balustrades.

Faites un détour au musée de Bo-Kaap, qui ouvre ses portes dans le Wale Street, la rue favorite des photographes. Achevé vers 1760, le bâtiment détient le record d’ancienneté au sein du quartier. Les visiteurs plongeront dans l’intérieur luxueux d’une famille d’artisans musulmans. Le coup de cœur est à découvrir au premier étage : une banque de photos en noir et blanc dépeignant la vie locale au xixe siècle.

Planquée dans la rue Dorp, la mosquée Auwal connaît, elle aussi, une forte attractivité. C’est la toute première mosquée de l’Afrique du Sud, construite en 1794 par les esclaves musulmans contre l’avis et le consentement des Hollandais. L’attraction principale du site est le Coran rédigé en mains propres par Tuan Guru, un chef religieux indonésien banni du sultanat de Tidore. La légende dit que l’imam l’a écrit tout de mémoire sans consulter une seule fois le texte sacré. En sortant de là, arrêtez-vous dans la mosquée Nurul Islam, bâtie en 1844 par le dernier fils de Tuan Guru, puis dans la mosquée Jamia, surnommée mosquée de la reine Victoria, au motif que le chantier a été placé sous l’égide de la monarchie britannique.

Si vous avez envie d’une parenthèse artistique, dirigez-vous vers le Cape Malay Art Exhibition, un centre d’exposition dédié entièrement au peuple malais du Cap. Il jette la lumière sur leur passé marqué par l’esclavagisme, leurs mouvements d’indépendance et leur riche patrimoine culturel.

Et pour joindre les joies du palais aux plaisirs des yeux, commandez un bon petit plat dans les restaurants du coin. La cuisine régionale se caractérise par l’utilisation du riz, de grains de maïs, de légumes et d’épices.

Infos pratiques

Quand y aller ?

Pour visiter Bo-Kaap et admirer son architecture coloniale, la meilleure saison est certainement l’automne (avril et mai) ou le printemps (septembre à novembre). La météo est correcte, et beaucoup d’hôtels et d’auberges appliquent des remises de prix. Les pires mois de l’année vont de juin à août, lorsque les pluies d’hiver contrarient tout bonnement les activités en plein air.

Comment s’y rendre ?

Au bout de 14 ou 15 heures de vol, votre avion Paris-Cape Town atterrit à l’aéroport international du Cap. Pour se déplacer, le plus pratique est de réserver une voiture privée. Si vous projetez cependant de vous promener à City Bowl ou à Victoria & Alfred Waterfront avant de vous rendre à Bo-Kaap, pas besoin de payer les frais d’un taxi. Bo-Kaap est accessible à pied sans problème, puisqu’il se trouve à moins de 5 minutes du centre de la métropole.

Dans les environs…**

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