Maboneng, un nouveau Brooklyn à la sauce sud-africaine

Le centre-ville de Johannesbourg a connu une sorte de renaissance.

Le quartier branché de Maboneng qui signifie "lieu de lumière" en sotho, émet maintenant une lumière positive, y voyant maintenant des personnes de divers horizons fréquenter ce quartier branché.

Pour visiter le quartier de Maboneng, il est préférable d’attendre le week-end, le moment où les rues s’animent et où les marketplaces ouvrent leurs portes. L’ambiance est à son comble, entre les jazz-bands, danseurs et autres animations sur les terrasses des usines désaffectées. Étonnant !

A la tête de ce projet urbain, un homme qui a décidé de racheter d’anciens entrepôts et de les transformer en musées, en hôtels, en épiceries chics et en restaurants branchés avec pour leitmotiv de mettre en avant l’artisanat sud-africain.

Ce qui était autrefois un quartier interdit, à l'est du centre-ville, est maintenant un quartier créatif et dynamique qui attire une foule mixte, animée et artistique ; un mélange d'étudiants, d'artistes et d'entrepreneurs…

Une oasis d’art et de créativité en plein milieu de Johannesburg

Salons d’art, bars luxueux, terrasse d’immeubles où il fait bon déguster un cocktail… Maboneng est un centre urbain de distinction au milieu de Johannesburg. Qui aurait cru que les riches industriels pourraient bâtir un quartier agréable à vivre sans sacrifier leurs profits financiers ? Maboneng en est le plus parfait exemple. Là où les cartels de drogue et les criminels semaient la terreur, Jonathan Liebman a fait naître une banlieue chic et dynamique. Alors qu’auparavant ce quartier de Gauteng était un coupe-gorge pour les gens de bonne famille, Maboneng s’est transformé en un paradis industriel où rayonne la culture, où résonne la musique et où les créateurs de mode ont établi leur enseigne. Que dire de plus, si ce n’est que « le lieu de la lumière » l’a bien nommé.

Histoire

« Lieu de la lumière »… Ainsi se traduit au pied de la lettre le nom du quartier. Douze ans auparavant, les Sud-Africains n’évoquaient cette région que du bout des lèvres. Les chauffeurs n’osaient même pas s’y aventurer, sous peine de revenir avec une vitre cassée ou de se faire enlever leur smartphone. Le rêve d’un affairiste audacieux a changé la donne.

Jonathan Liebman s’est lancé dans les affaires dès l’âge de 15 ans. Il voyageait tout le temps à l’étranger et, de retour dans sa ville natale, la frustration le gagna lorsqu’il fut obligé de renoncer au mode de vie aisé et insouciant auquel il aspirait. De là naquit la vision de développement du quartier pour en faire un centre de loisirs urbain où afflueront les ateliers d’art, les lofts résidentiels, les agences de publicité, les installations de commerce et de restauration. Au début, le projet paraissait fou aux yeux des habitants. Mais Liebman resta tenace. Le jeune entrepreneur de 24 ans était déjà célèbre, et conquérir la confiance des investisseurs n’était pas difficile avec ses expériences probantes dans l’immobilier. Les bâtiments ont été désaffectés, les espaces publics restaurés, les parcs industriels remis au goût du jour. Le projet porta ses fruits en l’espace de trois ans.

Le quartier de Maboneng aujourd’hui

Johannesburg a réécrit son histoire avec la naissance de Maboneng, qui est devenue le nouveau cœur de la métropole. Finis les souvenirs poignants de l’apartheid. Fini le passé criminel du quartier. De zone rouge et dangereuse, le quartier de Maboneng est devenu un havre de détente urbain attirant une foule de touristes. Les galeries d’art prolifèrent dans la rue comme les chiffres sur une table de multiplication. Des acteurs industriels se sont réinstallés dans les immeubles de verre ou de béton. Des cafés et hôtels de marque invitent à se décontracter. Fréquenté tant par les Blancs que les gens de couleur, Maboneng est devenu un symbole d’unité et de cohésion sociale. Tous les week-ends, le besoin d’évasion artistique et culturelle y amène les jeunes Sud-Africains.

À voir et à visiter à Maboneng

C’est ce côté résolument contemporain qui séduit les touristes à Maboneng. Ne vous attendez pas à voir des lieux historiques, des monuments ou des parcs animaliers. Rien n’est aussi éloigné. À la place, vous aurez des restaurants, des cafés, des bâtiments futuristes enfantés par le progrès technologique.

- Le complexe Arts on Main : Avec sa façade austère en béton, Arts on Main est une figure incontournable du quartier. Plus d’un artiste a acheté des studios privés dans ce complexe. Le célèbre graveur et metteur en scène William Kentridge y détient une salle d’exposition. Mikhael Subotzky y expose ses films d’animation, ses estampes et ses peintures murales. Vous pourrez également y observer les créations surprenantes de Kim Lieberman, un maître de l’art conceptuel. La marque de tee-shirt Lovejozi y a implanté son enseigne. Après avoir épuisé les galeries d’art, détendez-vous sur la terrasse en sirotant une boisson rafraîchissante.

- Le centre commercial Main Street Life : Qui croirait que ce bâtiment flambant neuf a été achevé dans la décennie 1970 ? Main Street comprend des biens d’appartement et des établissements commerciaux. L’hôtel de luxe 12 Decades est une attraction à voir, même si vous n’avez pas l’intention d’y séjourner. Chacune des 12 chambres de l’établissement relate des évènements historiques de Johannesburg sur une échelle de dix années. À part cet hôtel, le toit-terrasse est animé régulièrement par des spectacles de chant, de danse ou des manifestations artistiques.

- Fox Street : Paradis du shopping, le Fox Street abrite des restaurants sympas, des maisons de mode et des ateliers de design. Vous serez ravis d’y faire du lèche-vitrine, le seul risque est de tout dépenser dans une frénésie de consommation.

- Le Bioscope : ouverte en juin 2010, cette salle de cinéma est l’une des adresses les plus récentes du quartier. Elle est plutôt axée sur les films d’avant-garde d’origine locale. Mais la nuit, les acteurs hollywoodiens y sont représentés.

- Le théâtre POPArt : bâtiment emblématique de Maboneng, POPArt accueille des œuvres de théâtre de dernière génération produites par les plumes sud-africaines. Depuis son lancement en mars 2011, pas moins de 250 nouvelles pièces y ont été jouées. L’établissement réinvente l’art du spectacle en misant sur le théâtre interactif, une forme de représentation dans laquelle le public est aussi un participant. Vous aurez droit à une programmation de son, d’image et d’éclairage. Faire un saut au POPArt est l’une des choses incontournables à faire à Johannesburg.

- Museum of African Design : ce musée consacré au design et à l’art contemporain a été également de fondation tardive. Il expose l’africanisme dans toute sa splendeur.

 - Market on Main : ce bazar couvert se tient tous les dimanches. La balade en vaut la peine, ne serait-ce que pour s’asseoir autour d’une tasse de café, tester une bière locale ou se régaler d’une recette de pâtisserie créée par l’institut d’hôtellerie du quartier.

Infos pratiques

Comment se rendre à Maboneng ?

Pour les ressortissants étrangers, le voyage par les airs est le plus pratique. Prenez l’avion pour Johannesburg. Il existe au moins une douzaine de vols directs à destination de l’aéroport international Oliver Reginald Tambo depuis la capitale Paris. La majorité des vols sont proposés par AirFrance, Emirates et Delta. Comptez entre 10 heures et demie et 11 heures d’avion.

Le quartier de Maboneng se trouve à l’est du CBD, à une vingtaine de kilomètres de l’aéroport JNB. S’agissant des facilités de transport, vous n’aurez que l’embarras du choix entre la navette touristique, le bus, le taxi, le train et l’UBER. Si votre bourse n’y voit pas d’inconvénient, optez pour le taxi ou l’uber et abandonnez l’idée de recourir à un transport public. La location de voitures de luxe est ici une lourde tendance, et seuls les employés noirs prennent les lignes de bus.

Beaucoup de compagnies de transport pourront vous louer une navette sur demande. Le prix de la course varie entre 25 € et 55 €.

Se déplacer à Maboneng

Le transport en véhicule privé est la règle. Il n’est pas interdit de vous promener à pied à Maboneng, mais la vigilance est de rigueur. N’emportez pas de l’argent liquide ou une montre de marque. Même si la sécurité s’est nettement améliorée après 2008, le quartier est entouré de zones sensibles. Les sorties nocturnes ne sont pas à propos.

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